Film

Rétrospective Želimir Žilnik et la Black Wave au Centre Pompidou

Rétrospective Želimir Žilnik et la Black Wave au Centre Pompidou

Du 12 AVRIL au 12 MAI 2019

CINÉMAS 1 & 2, PETITE SALLE

Le Centre Pompidou consacre, pour la première fois en France, une rétrospective au cinéaste serbe Želimir Žilnik, du 12 avril au 12 mai 2019. Réalisateur depuis plus de 50 ans, Želimir Žilnik a tourné ses premiers films à la fin des années 1960, devenant l’un des principaux cinéastes de la Nouvelle Vague yougoslave, appelée « Black Wave » pour sa critique du régime de Tito.
Avec près de 60 films à son actif, il dénonce sans relâche l’exploitation de la pauvreté dans un contexte historique qui traverse le communisme, la montée des nationalismes, les guerres d’ex-Yougoslavie, la redéfinition des frontières, le passage à une économie capitaliste, l’Europe et les problématiques actuelles de migrations. De son premier long métrage, Travaux précoces, pour lequel il a reçu un Ours d’or à la Berlinale de 1969, à son dernier film, The Most Beautiful Country in the World, le travail inédit de Želimir Žilnik et l’histoire de l’Europe multiculturelle qu’il incarne sont à découvrir au Centre Pompidou, en présence du cinéaste. Želimir Žilnik réalise également un court métrage inédit pour la collection d’autoportraits filmés du Centre Pompidou, Où en êtes-vous ? En miroir de sa rétrospective, cinq films de la « Black Wave », de Dušan Makavejev et Aleksandar Petrovi entre autres, rendent compte de l’inventivité et de la révolte qu’a portées ce mouvement.

 

Né dans un camp de concentration nazi à Niš en 1942, Žilnik fut ensuite libéré et élevé par ses grands- parents après l’exécution de sa mère, puis de son père, militant communiste slovène. Sa détermination et sa conscience politique ont pris racine dans son histoire. Želimir Žilnik se consacre d’abord à la documentation de situations sociales complexes à travers le cinéma et le droit. La vague noire ou « Black Wave » dont il est un des investigateurs en ex-Yougoslavie dans les années 1960, influencée par le néoréalisme italien et la Nouvelle Vague française, est animée par une liberté d’expression et une volonté de réformer le langage cinématographique. Les cinéastes de ce mouvement se sont battus pour pouvoir représenter le côté « sombre » de la société communiste et de l’homme. En 1971, Želimir Žilnik lisait sur scène un manifeste intitulé « Ce festival est un cimetière » lors de la première de son court métrage coup-de-poing, Black Film. Il dénonçait l’inutilité d’un humanisme abstrait, l’exploitation des pauvres et « le prétendu courage et la bonne conscience sociale de films qui ne sont en réalité que le reflet de la mode dominante dans le cinéma bourgeois ». Peu de cinéastes sont restés attachés à l’idée de provocation sociale et d’un cinéma politiquement engagé de manière aussi durable et obstinée.